• La chute continue des prix du pétrole sur le marché international ne cesse d’hypothéquer l’avenir de PetroCaribe et certains pays membres de cet accord se retrouvent plus fragilisés que d’autres. Le budget révisé de l’exercice 2014-2015 informe qu’Haïti, rien que pour le premier trimestre de cet exercice, a enregistré un manque à gagner de plus de 10 milliards de gourdes, soit moins de 49% de recettes prévues. Les signaux annonçant le glas de PetroCaribe sont de plus en plus nombreux et retentissent de plus en plus fort. Les résultats commencent à être connus, les carnets à être distribués. Et, sans surprise, Haïti, pour n’avoir pas su gérer efficacement sa dette, se retrouve parmi les pires élèves des 18 pays membres de PetroCaribe. Mercredi, à la Barbade, lors d’une conférence de presse, la directrice adjointe de l’Hémisphère occidental du Fonds monétaire international (FMI), Adrienne Cheasty, a affirmé qu’Haïti et le Nicaragua sont les deux pays liés à PetroCaribe les plus touchés par la baisse mondiale des prix du pétrole. « La chute des prix du pétrole est plus complexe pour les membres de PetroCaribe que pour les pays importateurs de pétrole », a déclaré Cheasty, qui intervenait sur l'impact de la chute des prix du pétrole sur les pays liés par l’Accord PetroCaribe. Elle a rappelé que certains experts se demandent même si ce programme régional devrait continuer. Avec le baril de pétrole qui tourne autour des $ 50 USD ces jours-ci, la moitié de ce qu'il était en juin dernier, dire que le Venezuela, hyper dépendant de ses exportations de pétrole qui représentent tout de même 96% de ses revenus, est dans ses petits souliers pour employer un doux euphémisme. Un taux d’inflation frôlant les 68%, un taux de pauvreté parmi les plus hauts de la région et une rareté de produits de première nécessité complètent le tableau. Dans ce clivage-là, les paris sont déjà ouverts pour savoir pendant combien de temps le Venezuela parviendra à maintenir en vie PetroCaribe. En effet, le programme est devenu trop coûteux pour un pays sous le choc de l'instabilité politique et des défis économiques majeurs. La perte de recettes pour le Venezuela dans le cadre de ce programme est d'environ 400 000 barils par jour ou 20 milliards de dollars par an. Ajoutez à cela les 28 milliards de dollars que le pays octroie en termes de subventions internes du pétrole. Ainsi, selon Cheasty, la Guyane, la République dominicaine et la Jamaïque seront moins touchés parce que leurs gouvernements sont financièrement prêts à répondre de façon appropriée à ce changement. Au contraire du Nicaragua et d’Haïti qui seront les plus durement touchés, car ils ne disposent pas de grandes réserves ni d’un marché financier national robuste. Le gouvernement dominicain a annoncé, le 27 janvier dernier, qu’il a racheté, avec des fonds d'obligations souveraines, 98% de sa dette, évaluée à environ 4 milliards de dollars, accumulée jusqu'en décembre 2014 et contractée dans le cadre de PetroCaribe. A en croire les dirigeants dominicains, cette transaction financière a permis à leur pays d'économiser 550 millions de dollars, soit une réduction obtenue sur la valeur nominale de la dette de 52%, ou de manière équivalente, pour un montant de 48% payé pour la dette. Selon Barclays, la Jamaïque serait sur le point d’effectuer une transaction similaire avec le Venezuela, et pour laquelle le Venezuela recevrait entre 1,6 et 1,8 milliard de dollars. En ce sens, l’économiste Kesner Pharel, P.D.G. du Group Croissance, pense que c’est le meilleur moment pour les dirigeants haïtiens de s’asseoir avec leurs homologues vénézuéliens afin de négocier la dette du pays. Pour ce dernier, ce serait une opération de tout profit pour Haïti qui paierait cash une partie de sa dette et enlèverait une épine à ses pieds pour les 25 prochaines années. Pour l’heure, si PetroCaribe devait prendre fin, certains pays se retrouveraient beaucoup plus exposés que d'autres. Pour la Jamaïque, le Guyana, le Nicaragua et Haïti, la valeur du financement vénézuélien préférentiel pour les importations de pétrole est de plus de 10% de leurs recettes publiques et équivaut à environ 4% de leur PIB. PetroCaribe a été créé en 2005, à l'initiative du feu président Hugo Chavez, dans le but de fournir du combustible aux pays membres à des conditions de paiement favorables. Chaque membre dispose d’un accord de coopération énergie distincte, mais les termes sont globalement similaires. Les accords peuvent être annulés ou modifiés avec un préavis de seulement 30 jours, coupant le flux de nouveaux financements et forçant les pays à payer des taux du marché. Même avec ce programme, les coûts d'électricité des Caraïbes demeurent très élevés.


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  • La chute continue des prix du pétrole sur le marché international ne cesse d’hypothéquer l’avenir de PetroCaribe et certains pays membres de cet accord se retrouvent plus fragilisés que d’autres. Le budget révisé de l’exercice 2014-2015 informe qu’Haïti, rien que pour le premier trimestre de cet exercice, a enregistré un manque à gagner de plus de 10 milliards de gourdes, soit moins de 49% de recettes prévues. Les signaux annonçant le glas de PetroCaribe sont de plus en plus nombreux et retentissent de plus en plus fort. Les résultats commencent à être connus, les carnets à être distribués. Et, sans surprise, Haïti, pour n’avoir pas su gérer efficacement sa dette, se retrouve parmi les pires élèves des 18 pays membres de PetroCaribe. Mercredi, à la Barbade, lors d’une conférence de presse, la directrice adjointe de l’Hémisphère occidental du Fonds monétaire international (FMI), Adrienne Cheasty, a affirmé qu’Haïti et le Nicaragua sont les deux pays liés à PetroCaribe les plus touchés par la baisse mondiale des prix du pétrole. « La chute des prix du pétrole est plus complexe pour les membres de PetroCaribe que pour les pays importateurs de pétrole », a déclaré Cheasty, qui intervenait sur l'impact de la chute des prix du pétrole sur les pays liés par l’Accord PetroCaribe. Elle a rappelé que certains experts se demandent même si ce programme régional devrait continuer. Avec le baril de pétrole qui tourne autour des $ 50 USD ces jours-ci, la moitié de ce qu'il était en juin dernier, dire que le Venezuela, hyper dépendant de ses exportations de pétrole qui représentent tout de même 96% de ses revenus, est dans ses petits souliers pour employer un doux euphémisme. Un taux d’inflation frôlant les 68%, un taux de pauvreté parmi les plus hauts de la région et une rareté de produits de première nécessité complètent le tableau. Dans ce clivage-là, les paris sont déjà ouverts pour savoir pendant combien de temps le Venezuela parviendra à maintenir en vie PetroCaribe. En effet, le programme est devenu trop coûteux pour un pays sous le choc de l'instabilité politique et des défis économiques majeurs. La perte de recettes pour le Venezuela dans le cadre de ce programme est d'environ 400 000 barils par jour ou 20 milliards de dollars par an. Ajoutez à cela les 28 milliards de dollars que le pays octroie en termes de subventions internes du pétrole. Ainsi, selon Cheasty, la Guyane, la République dominicaine et la Jamaïque seront moins touchés parce que leurs gouvernements sont financièrement prêts à répondre de façon appropriée à ce changement. Au contraire du Nicaragua et d’Haïti qui seront les plus durement touchés, car ils ne disposent pas de grandes réserves ni d’un marché financier national robuste. Le gouvernement dominicain a annoncé, le 27 janvier dernier, qu’il a racheté, avec des fonds d'obligations souveraines, 98% de sa dette, évaluée à environ 4 milliards de dollars, accumulée jusqu'en décembre 2014 et contractée dans le cadre de PetroCaribe. A en croire les dirigeants dominicains, cette transaction financière a permis à leur pays d'économiser 550 millions de dollars, soit une réduction obtenue sur la valeur nominale de la dette de 52%, ou de manière équivalente, pour un montant de 48% payé pour la dette. Selon Barclays, la Jamaïque serait sur le point d’effectuer une transaction similaire avec le Venezuela, et pour laquelle le Venezuela recevrait entre 1,6 et 1,8 milliard de dollars. En ce sens, l’économiste Kesner Pharel, P.D.G. du Group Croissance, pense que c’est le meilleur moment pour les dirigeants haïtiens de s’asseoir avec leurs homologues vénézuéliens afin de négocier la dette du pays. Pour ce dernier, ce serait une opération de tout profit pour Haïti qui paierait cash une partie de sa dette et enlèverait une épine à ses pieds pour les 25 prochaines années. Pour l’heure, si PetroCaribe devait prendre fin, certains pays se retrouveraient beaucoup plus exposés que d'autres. Pour la Jamaïque, le Guyana, le Nicaragua et Haïti, la valeur du financement vénézuélien préférentiel pour les importations de pétrole est de plus de 10% de leurs recettes publiques et équivaut à environ 4% de leur PIB. PetroCaribe a été créé en 2005, à l'initiative du feu président Hugo Chavez, dans le but de fournir du combustible aux pays membres à des conditions de paiement favorables. Chaque membre dispose d’un accord de coopération énergie distincte, mais les termes sont globalement similaires. Les accords peuvent être annulés ou modifiés avec un préavis de seulement 30 jours, coupant le flux de nouveaux financements et forçant les pays à payer des taux du marché. Même avec ce programme, les coûts d'électricité des Caraïbes demeurent très élevés.


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